Créer une société au Luxembourg se fait vite. La fiscalité, elle, laisse des traces. Elle se lit dans la trésorerie, dans le dossier bancaire et dans les échanges avec les investisseurs. En 2026, la place reste attractive, mais les exigences montent.
Le pays attire des profils variés : PME locales, groupes internationaux, e-commerce, SaaS, logistique, conseil, immobilier, construction, restauration, fintech, holdings d’investissement. Les erreurs se voient rarement au démarrage. Elles coûtent cher au moment d’un contrôle TVA, d’une due diligence ou d’un changement de banque.
1) Pourquoi la fiscalité se prépare avant la première facture
La fiscalité ne commence pas avec un dépôt annuel. Elle démarre au moment des choix structurants : modèle d’affaires, pays des clients, logique de facturation, flux de paiement, stock, prestataires et opérations intragroupe.
Quelques situations reviennent souvent.
Une activité B2B facture hors Luxembourg : le traitement TVA dépend du pays du client et des preuves.
Un e-commerce vend en B2C : les seuils, les retours et la cohérence des preuves deviennent critiques.
Une société logistique gère du stock : la preuve de transport et les incoterms font la différence.
Une structure immobilière vit au rythme des loyers, travaux et intérêts : la lecture par actif évite les erreurs.
Une holding a peu de mouvements : la gouvernance et les écritures doivent rester traçables.
Le point de départ reste identique : définir qui vend quoi, à qui, depuis où, à quel prix, et avec quels justificatifs.
2) Repères 2026 : ce que les contrôles et les banques regardent d’abord
Les dossiers solides se reconnaissent vite. Les chiffres de référence sont connus et les flux sont cohérents.
- Impôt sur les sociétés : CIT 16% au-delà de 200.000 € de bénéfice imposable, avec surtaxe et impôt communal; à Luxembourg-Ville, un taux global de référence de 23,87% est souvent retenu.
- TVA : taux normal 17% et taux réduits 14%, 8%, 3% selon l’opération; le vrai sujet reste le lieu d’imposition et la preuve.
- Dividendes : retenue à la source 15% en règle générale, avec exonérations possibles selon conditions.
- Pilier 2 : démarches en ligne via MyGuichet.lu pour les entités concernées; première échéance 2026 pour des exercices calendaires.
En 2026, un dossier propre fait gagner du temps. Un dossier incomplet crée des retards et des corrections tardives.
3) Pièces et preuves : là où les red flags apparaissent
Une facture n’est pas toujours suffisante. Les dossiers qui tiennent reposent sur une logique simple : transaction, réalité, traçabilité. Il faut relier chaque écriture à un fait économique démontrable.
Les pièces à sécuriser dès le démarrage sont classiques :
- contrats, bons de commande, conditions générales,
- factures émises et reçues,
- preuves de livraison (logistique) ou preuves de service rendu (conseil, SaaS),
- relevés bancaires et justificatifs de paiements,
- notes de frais et justificatifs,
- registre des immobilisations (matériel, logiciels, véhicules),
- suivi des actionnaires, financements, mouvements de capital.
Cas typique : expédition Allemagne → France. Sans preuve de transport, le dossier TVA devient fragile. Les erreurs se multiplient car elles se répètent facture après facture.
4) TVA : le sujet qui se répète et qui coûte le plus cher
La TVA n’est pas difficile parce qu’elle est technique. Elle est difficile parce qu’elle est quotidienne. Une erreur simple se reproduit sur des dizaines ou des milliers de factures.
Un repère utile, basé sur le chiffre d’affaires annuel hors taxe :
- CA < 112.000 € : déclaration annuelle,
- 112.000 € à 620.000 € : déclarations périodiques (souvent trimestrielles) + annuelle,
- CA > 620.000 € : déclarations plus fréquentes (souvent mensuelles) + annuelle.
Cas pratique (SaaS B2B UE) : facture vers l’Espagne. Sans numéro TVA valide et preuve de prestation, le risque remonte en contrôle ou en due diligence.
Cas pratique (e-commerce B2C) : France, Belgique, Italie. Sans lien ventes/paiements/retours, la TVA devient instable dès le premier trimestre.
5) eCDF, dépôts, rythme : la conformité se joue au calendrier
Le Luxembourg a digitalisé une grande partie des obligations. Le sujet n’est pas l’outil. Le sujet est la cadence : tenir les chiffres, produire propre, déposer à temps.
Deux points structurent la pratique :
- préparer des données financières cohérentes,
- déposer selon les canaux et les règles applicables.
Sans situation mensuelle fiable, la clôture devient une opération de rattrapage. Et le rattrapage est ce qui coûte le plus.
6) Secteurs et pays : ce qui change vraiment selon l’activité
Les risques ne sont pas les mêmes selon le modèle. Les contrôles non plus. Les pays reviennent, eux, très souvent.
- SaaS : risque TVA sur la qualification et le lieu; pays fréquents : France, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis.
- E-commerce : TVA multi-pays, retours, preuves; pays fréquents : France, Belgique, Italie, Pays-Bas.
- Conseil : preuve de prestation et cut-off; pays fréquents : Suisse, Allemagne, France.
- Logistique : preuves de transport, incoterms; axe fréquent : Allemagne–Benelux–France.
- Immobilier : lecture par actif, capex, intérêts, DSCR; investisseurs fréquents : UE et UK.
- Fintech non régulée : piste d’audit des revenus, séparation des flux; marchés fréquents : UE et UK.
7) La méthode “audit-ready” qui évite les corrections tardives
Les dossiers solides appliquent une discipline simple. Elle n’a rien de complexe. Elle est régulière.
- cartographier les flux : qui vend quoi, à qui, depuis où,
- paramétrer la TVA : B2B/B2C, pays, taux, preuves,
- archiver : contrat + facture + preuve + paiement,
- clôturer chaque mois : banque, TVA, cut-off simple,
- sécuriser l’intragroupe : contrat, méthode, livrables, facturation régulière,
- préparer les événements : banque, audit, due diligence, croissance.
Une structure disciplinée gagne en crédibilité et en vitesse. Contactez nos experts Damalion.
FAQ : Fiscalité luxembourgeoise 2026
Ces réponses se basent sur des sources officielles luxembourgeoises (administrations et portails publics) et des standards largement utilisés en pratique.
1) Quel est le taux CIT de référence au Luxembourg en 2026 ?
2) Quel taux global de référence retenir à Luxembourg-Ville en 2026 ?
3) Pourquoi le taux global varie selon la commune ?
4) Quel est le taux normal de TVA au Luxembourg en 2026 ?
5) Quels taux de TVA réduits existent au Luxembourg en 2026 ?
6) Quelle source officielle publie les taux de TVA luxembourgeois ?
7) Qu’est-ce que eCDF et à quoi sert-il ?
8) eCDF est-il utilisé pour la TVA ?
9) Quelles démarches Pilier 2 passent par MyGuichet.lu ?
10) L’administration confirme-t-elle l’usage de MyGuichet.lu pour Pilier 2 ?
11) Quel taux minimum vise Pillar Two ?
12) À partir de quel seuil Pillar Two s’applique-t-il ?
13) Quel est le risque TVA le plus fréquent en e-commerce multi-pays ?
14) Quel document est clé pour sécuriser la TVA logistique ?
15) Une facture suffit-elle toujours comme preuve de service ?
16) Quel est le taux standard de retenue à la source sur dividendes ?
17) Pourquoi les banques exigent-elles des comptes propres ?
18) Pourquoi la substance est-elle clé pour les investisseurs ?
19) Quel réflexe réduit le plus le risque fiscal en 2026 ?
20) Où vérifier officiellement les taux de TVA luxembourgeois ?
Glossaire 2026 : fiscalité luxembourgeoise et actifs typiques
Ce glossaire aide à cadrer les termes et les types d’actifs les plus courants.















