La titrisation est un processus de financement dans lequel un initiateur transfère un ou plusieurs actifs ou risques à un véhicule de titrisation en échange de liquidités. Le véhicule de titrisation est financé par l’émission de titres adossés aux actifs transférés (garantie) et aux revenus générés par ces actifs.
LOI SUR LA TITRISATION
La loi luxembourgeoise sur la titrisation, telle que révisée (la « loi sur la titrisation »), qui régit les véhicules de titrisation luxembourgeois (SV), est en vigueur depuis plus de quinze ans et est devenue un élément central du succès du Luxembourg en tant que centre de premier plan pour les opérations de titrisation et de financement structuré.
OBJECTIF, BUT
Au Luxembourg, la titrisation est une technique qui permet au cédant (fonds, société ou véhicule spécialisé – SPV) d’acquérir ou d’assumer des risques liés à des créances, à toute forme d’actif ou à tout engagement pris par des tiers ou lié à des opérations effectuées par des tiers. L’entité juridique de titrisation obtient ou supporte ce risque en émettant des titres dont la valeur et les rendements sont liés aux actifs titrisés.
La titrisation permet de regrouper des actifs illiquides générateurs de flux de trésorerie dans un véhicule d’investissement (SPV). Les flux de trésorerie générés par le pool d’actifs sont ensuite réorientés pour soutenir les paiements des instruments des marchés de capitaux émis par le véhicule de titrisation.
Les entreprises ou les particuliers peuvent recourir à la titrisation pour séparer certains actifs de leur patrimoine, les placer dans un véhicule de titrisation luxembourgeois et éliminer le risque lié à la conservation ou à la gestion de ces actifs. Les investisseurs financent alors le véhicule de titrisation en émettant des titres. Ils supportent ainsi les risques associés aux actifs détenus par cette entité.
FORME JURIDIQUE
FONDS DE TITRISATION
Les fonds de titrisation ne sont pas réellement des entités juridiques. Ils sont gérés par une société de gestion. Ils sont constitués en tant que patrimoine fiduciaire distinct de la société de gestion, qui doit être résidente au Luxembourg (Sàrl ou SA, c’est-à-dire une société à responsabilité limitée ou une société anonyme). Les actifs et les passifs de ces fonds doivent être distincts de ceux de la société de gestion. Un fonds de titrisation peut être composé de nombreux sous-fonds qui ne sont pas liés les uns aux autres.
SOCIÉTÉS DE TITRISATION
Les sociétés de titrisation doivent être constituées sous la forme d’une société anonyme, d’une société en commandite par actions, d’une société à responsabilité limitée ou d’une société coopérative organisée comme une société anonyme.
Les statuts d’une société de titrisation peuvent permettre à son conseil d’administration/ses gérants de créer un ou plusieurs compartiments, chacun correspondant à une partie distincte de ses actifs et passifs. Les compartiments permettent en effet la séparation de la gestion, des passifs, des recours et de la liquidation. Le capital minimum d’une société de titrisation est le même que le minimum normal pour les sociétés commerciales (12 500 EUR ou 31 000 EUR).
Base juridique
Il existe deux types de véhicules de titrisation au Luxembourg.
- Une société de titrisation, qui est une personne morale constituée devant un notaire.
- Un fonds de titrisation, qui est une copropriété d’actifs sans personnalité juridique, constituée contractuellement entre ses porteurs de parts.
Chaque véhicule peut être divisé en sous-fonds, avec leurs propres actifs et passifs qui sont juridiquement distincts de ceux des autres sous-fonds.
Les actifs sous-jacents obtenus par les organismes de titrisation luxembourgeois comprennent les créances de toute catégorie (prêts, créances clients, créances commerciales, billets à court ou à long terme), les flux de trésorerie liés aux créances, les contrats, les engagements, les risques liés aux contrats, les réalisations futures, les biens mobiliers de toute nature, les actions, les obligations, les biens immobiliers et les droits de propriété intellectuelle.
ASPECTS FISCAUX D’UNE SOCIÉTÉ DE TITRISATION
Au Luxembourg, une société de titrisation est imposée au taux normal de l’impôt sur les sociétés (c’est-à-dire au taux global de 24,94 % à Luxembourg-Ville). En réalité, cependant, le bénéfice imposable est presque certainement proche de zéro, car la majorité des revenus des sociétés de titrisation sont rapidement reversés aux investisseurs.
Selon la loi, tout engagement (intérêts ou dividendes) envers les investisseurs est considéré comme une dépense déductible.
Les dividendes versés par une société de titrisation au Luxembourg sont considérés comme des intérêts à des fins fiscales. Une société de titrisation n’est pas soumise à un ratio d’endettement et n’est pas assujettie à l’impôt luxembourgeois sur la fortune nette.
Une SV sous forme de société présente les avantages fiscaux suivants :
- Neutralité fiscale.
- Les SV sont soumises à l’impôt sur les sociétés. Toutefois, leur base imposable ainsi que les revenus provenant des véhicules titrisés sont réduits par les paiements d’intérêts ou de dividendes versés aux détenteurs de titres. En conséquence, leur base imposable semble être nulle ou très proche de zéro.
- Il n’y a pas non plus de retenue à la source sur les distributions de dividendes, les paiements sur les parts de fonds ou les paiements d’intérêts sur les titres de créance.
- L’éligibilité au réseau de conventions fiscales luxembourgeoises est soumise à l’accord préalable des autorités fiscales luxembourgeoises.
- Avantages des conventions de double imposition pour les véhicules de titrisation luxembourgeois
Les véhicules de titrisation peuvent bénéficier de toutes les conventions de double imposition conclues par le Luxembourg. Il s’agit d’un régime fiscal favorable avec des conventions de double imposition (CDI) entre le Luxembourg et plus de 70 autres juridictions. Pour certains types de transactions telles que la titrisation, la neutralité fiscale est garantie par la loi sur la titrisation.
- Impôt sur la fortune nette (IFN)
De plus, une société SV est soumise à un impôt nominal annuel sur la fortune nette (NWT). Pour l’exercice 2020, si le paiement des actifs financiers fixes, des valeurs mobilières et des liquidités bancaires de la société SV dépasse 90 % de son actif brut global ainsi que 350 000 euros, la charge minimale de NWT serait maintenue à 4 815 euros. Dans le cas contraire, le montant minimum de l’ISN variera entre 535 euros et 32 100 euros, en fonction du total des actifs bruts de la société SV. Étant donné que les actifs d’une société SV sont généralement composés d’au moins 90 % d’actifs financiers, l’impôt annuel minimum ne devrait pas dépasser 4 815 euros.
ASPECTS FISCAUX D’UN FONDS DE TITRISATION
Les fonds de titrisation sont imposés par la législation luxembourgeoise comme un FCP (Fonds Commun de placement) luxembourgeois. Les distributions de revenus aux investisseurs sont déductibles de l’assiette fiscale d’une société de titrisation. Les distributions de revenus aux investisseurs sont exonérées de la retenue à la source sur les dividendes luxembourgeois.
Pour les résidents, l’administration fiscale luxembourgeoise considère généralement que les transactions au niveau du fonds ne sont pas prises en compte et que les revenus ne sont reconnus que lorsque les parts sont vendues et qu’un paiement est effectué par le fonds.
Les non-résidents sont généralement exonérés de l’impôt luxembourgeois sur les revenus et les plus-values du fonds.
ADMINISTRATION ET COMPTABILITÉ
Une société de titrisation doit établir ses comptes conformément aux normes comptables générales luxembourgeoises.
Un fonds de titrisation doit être géré par une société de gestion (une société commerciale dotée d’une personnalité juridique unique). Un fonds de titrisation peut être divisé en sous-fonds, chacun pouvant être liquidé indépendamment. Un fonds de titrisation est soumis aux mêmes règles comptables que celles qui s’appliquent aux fonds d’investissement collectifs luxembourgeois. Les comptes d’une SPV de titrisation doivent être vérifiés par un auditeur agréé par la CSSF dans les deux cas.
Un véhicule de titrisation doit être agréé et supervisé par la CSSF s’il émet des titres au public de manière constante. Une telle entité ad hoc doit en effet confier ses actifs liquides et ses titres à un dépositaire, qui doit être une banque luxembourgeoise.
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